Publication

12 janvier 2026

Les cultures intermédiaires modifient le devenir des résidus de pesticides dans le sol : influence des propriétés physico-chimiques des pesticides

Dans ce nouvel article, nous montrons que les cultures intermédiaires ne réduisent pas seulement le lessivage de l'azote, mais dégradent également les résidus de pesticides présents dans le sol et que cet effet peut être prédit à partir des propriétés physico-chimiques des pesticides

Présentation

Nouvel article scientifique : les cultures intermédiaires comme outil de phytoremédiation contre les résidus de pesticides

Nous sommes heureux de partager la publication de notre article « Living cover crops alter the fate of pesticide residues in soil: influence of pesticide physicochemical properties », publié dans la revue SOIL.

Les résidus de pesticides qui persistent dans le sol après la récolte constituent une source majeure de contamination diffuse des eaux souterraines. Ce risque est particulièrement élevé en automne et en début d’hiver, lorsque les précipitations sont les plus importantes et que l’absorption d’eau par les cultures est minimale. Les cultures intermédiaires, déjà largement promues pour réduire le lessivage de l’azote pendant la période d’interculture, stimulent également l’activité microbienne du sol par leurs systèmes racinaires. Cela soulève la question : peuvent-elles aussi accélérer la dégradation des résidus de pesticides déjà présents dans le sol ?

Pour y répondre, nous avons mené une expérience contrôlée en serre dans laquelle 18 ingrédients pesticides aux propriétés physico-chimiques contrastées ont été appliqués sur un sol, avant l’implantation de deux types de cultures intermédiaires à des densités différentes, comparées à un sol nu.

Nos principaux résultats sont les suivants :

  • Les cultures intermédiaires peu développées (< 1 tMS ha⁻¹) réduisent le lessivage des pesticides en retenant les résidus dans la couche de sol superficielle, là où l’activité microbienne est la plus élevée, avant même qu’une dégradation significative ne puisse s’opérer.
  • Les cultures intermédiaires bien développées (> 1 tMS ha⁻¹) réduisent les résidus de pesticides dans le sol de plus de 33% pour les composés ayant une mobilité faible à modérée dans le sol (Koc ≥ 160 mL g⁻¹) et une solubilité dans l’eau faible à élevée (s ≤ 1 400 mg L⁻¹), vraisemblablement par une biodégradation accrue dans la rhizosphère.
  • Ces effets peuvent être reliés à des propriétés physico-chimiques clés des molécules pesticides, fournissant de nouveaux seuils quantitatifs pour prédire quels composés sont le plus susceptibles d’être affectés.
  • En Wallonie, 141 substances actives autorisées (dont 30 % des plus fréquemment utilisées entre 2015 et 2020) satisfont aux trois seuils identifiés, principalement dans les cultures de pommes de terre, de betteraves sucrières et de céréales d’hiver.

Ces résultats confirment que l’implantation de cultures intermédiaires denses le plus tôt possible après la récolte peut jouer un rôle significatif pour limiter le transfert des résidus de pesticides vers les eaux souterraines, en complément (et non en substitution) d’une réduction de l’utilisation des pesticides elle-même.

L’article est disponible (en anglais) en libre accès via le lien suivant : 10.5194/soil-12-17-2026

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