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La durabilité des exploitations laitières en Wallonie : analyse de la diversité et voies de transition

Comment les exploitations laitières peuvent-elles évoluer vers davantage de durabilité ? Vers quels modèles alternatifs celles-ci peuvent-elles se tourner ?

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Les exploitations laitières sont confrontées à de nombreuses incertitudes, tant au niveau de la volatilité des marchés que vis-à-vis des attentes sociétales et des politiques agricoles traduisant ces demandes. La tendance à l’intensification de ces exploitations est, en outre, remise en question en raison de son impact sur l’environnement et le bien-être animal. L’importance d’une transition vers des systèmes plus durables se situe, par conséquent, au centre de nombreux débats. Un enjeu majeur consiste dès lors à identifier comment les exploitations laitières pourraient évoluer pour répondre aux défis qui se posent et les obstacles à surmonter pour y parvenir.

Dans ce contexte, notre travail de recherche s’est focalisé sur les exploitations laitières wallonnes (Sud de la Belgique). Cette recherche s’est construite autour de deux objectifs spécifiques : (i) analyser la diversité des exploitations en termes de durabilité, en tenant compte de leurs spécificités structurelles, et identifier les voies d’amélioration existant au sein de cette diversité ; et (ii) étudier les voies d’évolution possibles pour ces exploitations compte tenu du contexte externe et de la structure de la filière dans laquelle elles s’insèrent. La théorie de la transition a été mobilisée comme cadre théorique général afin de structurer notre travail et de répondre à ces deux objectifs. Une méthode quantitative a été développée afin d’identifier, au sein d’une région donnée, des groupes d’exploitations homogènes en termes de durabilité et de structure, ainsi que des exploitations marginales se différenciant statistiquement de ces groupes.

Au sein de la diversité existante, nous avons démontré l’existence de marges d’amélioration. La recherche d’une meilleure autonomie en intrants en constitue un exemple. En parallèle, une enquête par entretiens semi-dirigés a souligné l’existence de plusieurs mécanismes de verrouillage (lock-in) liés au régime sociotechnique dominant, expliquant l’ancrage des exploitations dans une course à la production et la difficulté d’émergence de certains modèles alternatifs. A l’échelle de l’exploitation, le développement de normes, de pratiques et de relations distinctes de celles rencontrées dans le circuit conventionnel semble favoriser le succès d’initiatives alternatives de commercialisation. Cette démarche méthodologique originale, associant des dimensions quantitative et qualitative, nous a permis de contribuer à documenter les voies d’évolution des exploitations laitières vers davantage de durabilité, en apportant des éléments de réponse aux trois questions suivantes : (i) comment les exploitations laitières peuvent-elles évoluer vers davantage de durabilité ? (ii) vers quels modèles alternatifs celles-ci peuvent-elles se tourner ? (iii) ces modèles alternatifs constituent-ils une source de changement pour l’ensemble des exploitations laitières et, plus globalement, pour le secteur laitier ?

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